Mon cycle, mon coach

Contribution au BAO Elan-Vital. Retrouvez l’article complet ainsi que tous leurs ateliers et formations en cliquant  ici.

Mon cycle, mon coach

Mon énergie diminue, je me sens soudainement irritable, mes émotions inondent mon quotidien. Syndromes pré-menstruels. Joies du cycle féminin.

Symptômes qu’il faudrait masquer et idéalement éliminer. Une femme se doit de rester performante, souriante et dynamique dans notre société.

C’est en tout cas un message que j’ai parfaitement bien intériorisé puisque j’ai cherché pendant de longues années des solutions médicamenteuses et thérapeutiques pour ne pas vivre et surtout faire vivre cet état aux autres.

J’ai entendu nombre de critiques, d’hommes mais aussi de femmes, qui acceptent moyennement les baisses d’énergie et respectent peu ceux qui les vivent. A un point tel que je pensais avoir un vrai problème. Pourquoi mon énergie parfois si haute et vibrante, en connexion avec le monde diminue-t-elle soudainement, me donnant envie de pleurer et de me pelotonner sous ma couette ?

Retour en arrière

En 2007, un cancer m’a fait ralentir d’un coup. J’ai vécu une sorte d’heureux confinement pendant lequel j’ai eu le droit d’être fatiguée, de mauvaise humeur, de ne produire aucune nouvelle page pour mon mémoire, de passer mes journées avec ma colloc et amie en or à inventer des jeux absurdes et à faire des blagues sur Chuck Norris. J’avais fondamentalement le droit d’avoir une énergie basse et de m’écouter vraiment. Mieux encore, le « monde entier » m’y encourageait ( bon la chimio aussi…). Aucune pression de productivité, de joie de vivre et de dynamisme.  C’était donc possible !

S’en est suivi une dépression, la crise de 2009, des jobs sans beaucoup de sens, une relation belle et moche à la fois et la perte d’un emploi que j’adorais dans l’enseignement. Soudainement, les changements qu’avaient initiés mon cancer ( et mon adolescence bercée par  la communication non violente) se révélaient à moi.

Il devait exister une autre manière de vivre, qui ,n’impliquait pas de lutter si souvent contre soi.

Ma formation à l’institut de développement personnel, coaching et mentoring  BAO Elan Vital a nourrit cette certitude et m’a apporté des réponses… et une bible.

Le pouvoir du cycle menstruel

Lors de ma formation BAO-Elan Vital, les livres de Miranda Gray ont croisé mon chemin (merci Danielle De Wilde). « Lune rouge », qui aborde le cycle menstruel et ses forces de manière symbolique et «  La femme optimale » qui en décrit les principes concrets. Ce dernier est devenu cette fameuse bible.

Selon Miranda Gray, le cycle menstruel est divisé en quatre phases d’environ une semaine. A chaque phase correspond une énergie spécifique qui influence les femmes, leurs actions, pensées, compétences, émotions. Ce sont d’autres facettes de leur personnalité qu’elles révèlent. Quatre femmes en une.

Certaines capacités (facultés mentales, qualités émotionnelles, conscience intuitive et aptitudes physiques) sont accrues et d’autres soudainement font défaut.

Connaître son cycle, c’est donc se donner les capacités d’exploiter son potentiel au maximum et de vivre de manière plus sereine et harmonieuse avec soi et (avec) les autres.

Dans cet article, j’ai envie de vous partager ma manière de jongler avec ces quatre énergies.

Mon cycle, mon coach, phase par phase

J’observe mon cycle depuis 5 ans. Un mémo sur mon frigo et ma bible du pouvoir au féminin toujours à disposition. Pour autant que ce soit possible, j’organise mon agenda en prenant en compte mes super-compétences du moment. Parfois, je le fais inconsciemment. Par ailleurs la compréhension du cycle féminin fait partie de ma boîte à outil de coach.

Je garde en tête ces trois éléments :

  • chaque phase a une fin
  • chaque phase revient le mois suivant
  • les phases sont en lien les unes avec les autres

Phase dynamique : 7-14ème jour, printemps, renouveau

Mon énergie est haute, brute, vibrante. Je me sens productive et prête à me mettre en action. « Si vous n’êtes pas capable de me suivre, n’essayez même pas ». Votre lenteur, en tout cas celle que je perçois, me frustre. Il y a peu de place pour l’émotionnel. Il faut que ça bouge, mentalement comme physiquement.

En somme, je suis hyper-productive. Ma to-do liste n’en revient pas. Je bosse plutôt « en solo ». J’apprends vite, j’ai bonne mémoire et ma concentration est au top. Je lis des bouquins théoriques en lien avec ma pratique de coach, des essais contenant des données chiffrées et des concepts obscurs.

J’en profite pour analyser tous les détails d’un projet et planifier mon mois (mon cycle, mon travail, ma vie). Je réfléchis vite et bien. Je prends de bonnes décisions. Je veux du challenge et du résultat. Ma posture, ma vitesse de réflexion, ma peau, mon sourire, tout crie « j’ai confiance en moi ». Physiquement aussi, je tiens la forme.  Dans ma playlist « Kasabian » de III Ray ( The King)passe en boucle .

En coaching, c’est le bon moment pour un ancrage positif.

Phase expressive : 14-21ème jour, été, ovulation

Pour reprendre les mots de Miranda Gray « les capacités et attitudes de cette phase représentent la quintessence de la féminité et de ce que nous croyons devoir être en permanence. Nous avons l’impression que nous incarnons alors notre vraie personnalité, tandis que deux des trois autres phases sont considérées comme dysfonctionnelles ».

Il m’est plus facile de donner de mon temps, de faire plaisir et de prendre une position d’écoute entière et bienveillante, quitte à oublier quelques instants mes besoins au bénéfice de l’entente et de l’harmonie.  Ma patience fait également son come-back.

Je suis naturellement tournée vers les autres. La communication est plus fluide. Mes commentaires, demandes, critiques sont formulés avec empathie et enrobés de signes de reconnaissances positifs et d’encouragements sincères. J’accueille également les critiques plus sereinement.

Au début du confinement, pendant ma première phase expressive, j’ai appelé tous les membres de la famille, je leur ai envoyé des messages de gratitude et d’amour et j’ai trouvé merveilleux ce couple qui célébrait son amour via une vidéo envoyée au JT de la RTBF…Gratitude, bonheur et légèreté.

Contrairement à la phase dynamique, agir compte davantage que le résultat. L’ambiance du confinement en prime, j’ai tenté de cuisiner un cake aux pommes sans sucre et sans gluten. J’ai improvisé. C’était franchement mauvais. Mais quel le bonheur de cuisiner et de me dire que mon compagnon se régalerait. Alors j’ai recommencé. Super mauvais. J’ai aussi testé le cake aux carottes. Toujours pareil.

En coaching, c’est le bon moment pour consolider mon ancrage positif, pour lister les réussites et nourrir mon estime de moi.

Phase créative : 21-28ème jour, automne, compréhension de soi

Après le workshop en ligne dans le cadre des BAOVitality4u sur le Lockdown for Men, Danielle m’a proposé d’écrire cet article. Emballée par l’idée, j’ai mis l’opération cake en attente ainsi que les 30 pommes que mon compagnon venait d’aller acheter.

Au même moment, des doutes et des angoisses s’invitent et plombent mon enthousiasme. Quelque chose cloche. J’ai envie de pleurer, je ne sais pas pourquoi. Il n’y a vraiment aucune raison apparente. Mon compagnon me fait un commentaire. Je le prends mal. Je me sens soudainement irritable et hypersensible. Fragilité, vulnérabilité… Je réalise que j’ai changé de phase. Je suis entrée en phase créative.

«  Et merde », sont toujours les premiers mots qui me viennent. Cette vulnérabilité reste une peu angoissante.

Progressivement mes capacités semblent décliner, comme pour saper ma confiance en moi. Moins d’endurance, moins de mémoire, moins d’énergie et un feu d’artifice d’émotions, d’anxiété et de ruminations.

Lutter ne sert à rien, pour toutes les phases d’ailleurs.

M’obliger à être d’humeur constante (positive de préférence, évidemment), faire du sport avec ma playlist dynamique alors que je préfère franchement écouter des mantras et des bols tibétains, étouffer mes émotions jusqu’à imploser, non merci, j’ai donné.

Néanmoins, comme je le disais plus haut, j’ai intériorisé le message selon lequel moins d’énergie et trop d’états d’âme, c’est mal !

Et si je ne lutte pas, je fais quoi ? Je suis le mouvement.

Scénariste du pire, mon saboteur s’est remis au travail. Il travaille une semaine par mois et se démène pour m’offrir des films à la hauteur de mes peurs les plus profondes. Malgré sa tendance à grossir le trait et dramatiser, derrière ses scénarios se cache une part de vérité. Impossible de masquer les émotions qui m’envahissent. Autant les écrire, pleurer, me mettre en colère, les laisser me traverser et en profiter pour les comprendre et les accepter un peu plus.

Suivre le mouvement, c’est aussi suivre mon inspiration, ce qui m’enthousiasme  et qui me procure des pics d’énergie (écrire sur un sujet qui me passionne, par exemple).  Ranger aussi. Je trie, je range, je jette et je donne. J’en arrive à trier bien plus qu’il ne faudrait. Je déconseille la lecture de Béa Johnson et Marie Kondo pendant cette phase. Avec elles, je suis capable de finir ma semaine avec deux culottes, zéro paire de chaussettes (à quoi bon, je passe mon confinement en Birkenstock et en pantoufles), un training et un moule à cake. Trop de tri est risqué en ce moment.

Néanmoins, j’ai quand même fortement envie de changement et je perçois clairement ceux qui me seraient bénéfiques. Je mets le doigts sur ce qui ne fonctionne plus. Je perçois le monde qui m’entoure autrement. Des soucis persistants trouvent des solutions out-of-the-box. Mon inconscient semble m’envoyer des messages, réponds à mes requêtes et m’initie à de nouveaux schémas de pensée.

Je suis prête à changer. Laissez-moi me reposer quelques jours et puis je mets ça en place.

En coaching, c’est le bon moment pour inviter la coachée à rêver une nouvelle réalité, visualiser ses désirs (« ask the univers »), écrire ses émotions et ses nouvelles idées.

Phase contemplative : 1-7ème jour, hiver, règles

Cette fille avachie, seule dans son canapé, buvant du rhum/de la tisane en regardant Netflix… et bien c’est mon rêve, mon désir le plus fou.

Discuter, réfléchir, faire,… me demandent beaucoup trop d’efforts. L’idée même d’être obligée d’interagir avec le monde extérieur m’oppresse et m’épuise. Je suis submergée par un « trop »… de tout.  Je ressens un profond besoin de me retrancher dans mon monde intérieur, dans une coquille sécurisante. Je veux hiberner et me dorloter. Prendre le temps de renouveler mon énergie pour repartir de plus belle pour le cycle qui suit.

Se retirer ouvertement du monde social, prendre du temps pour soi, faire abstractions des deadlines, des résultats à atteindre, des courses, de la vaisselle et autres pressions quotidiennes, c’est un défi qui va à l’encontre des injonctions de notre société.

Que faire pour ne rien faire ?

Des « beaux riens » dirait mon père.

J’apprends tous les mois à faire des beaux riens. Ma chienne est mon mentor.

« Productivité » et « efficacité » disparaissent de mon vocabulaire. Plus de « il faut » et de «  je dois ». Responsabilités, demandes, tâches hors de ma vue. On verra cela plus tard, en phase dynamique. Pas de planification. Arrêt complet. Mon corps et mon mental disent « stop ».

M’asseoir et attendre que mon âme me rattrape, comme l’écrit Paolo Coelho dans une de ses nouvelles.

Je suis. je rêvasse, je médite, je profite du calme, je vis au présent. Je prends une pause finalement bien méritée.

Ce lâcher-prise me fait tellement de bien. Je sens ma jauge d’énergie qui remonte.

En réalité, je n’ai simplement plus l’énergie de me soucier des préoccupations habituelles. Je m’en fous un peu de tout. Plus rien n’est vraiment prioritaire à part me ressourcer. Sans le vouloir, mon compagnon a déjà gagner plusieurs «  débats » de cette manière. Il doit en tout cas à la phase contemplative une étagère de livre et une jolie barrière.

L’avantage c’est que je revois mes priorités. L’inconvénient, c’est qu’il me faut éviter les prises de décisions pour les choses importantes.

En coaching, c’est le moment de s’autoriser des beaux riens ( de les planifier si besoin), de préparer son inconscient au changement qui vient et d’écouter son intuition.

En écrivant ces lignes, je me demande si on ne rebaptiserait pas cette phase « confinement »…

Et maintenant ?

Il me plait d’imaginer un monde qui tiendrait compte du cycle féminin. Les règlements de travail diraient «  si vous avez vos règles, ne travaillez que si cela vous fait du bien », «  Vous êtes critique envers vous ? Venez donc vous changer les idées en donnant votre avis sur notre projet », etc.

J’espère que ce jour arrivera et en attendant, je suis déjà heureuse d’avoir trouvé ce livre qui me rend toute ma puissance de femme.

Et voir mon compagnon lire mon mémo sur le frigo, suivre mon cycle sur son app, accepter mon énergie variable et se réjouir de mes supers pouvoirs, ça fait du bien !

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